Les
grands Bourgognes blancs (1) "Montrachet"
Voici
l’intégrale des commentaires de la dégustation
qui eu lieu dans le cadre du club l’Epicuvin, le jeudi
24 avril 1992 au restaurant-bar à vin “le
Margauxӈ Montpellier.Parmi les quelques 1200 climats
de la Côte d’Or, on dénombre 24 grands crus
en Côte de Nuits et 8 en Côte de Beaune.Tous ces crus
de la Côte de Beaune sont blancs, (sauf Corton à Pernand-Vergelesses)
et 5 d’entre eux sont situés sur les communes de Puligny
et Chassagne-Montrachet. Ces précisions numériques
et géographiques étant données, il reste à noter
que les faibles rendements, les parcelles souvent petites et morcelées,
ajoutent à la rareté et aux prix quasi prohibitifs
de ces flacons. Faut-il ajouter que les meilleurs propriétaires
ne vendent pas, c’est à dire que l’essentiel
de leur récolte est réservée d’une année
sur l’autre à l’export, à quelques restaurateurs
privilégiés et fidèles ou à quelques
cavistes prévoyants et disposant d’un pouvoir d’achat
conséquent. À proscrire donc, toutes imitations de
grands vins blancs de Bourgogne s’exhibant dans les conditions
que l’on sait, sur les gondoles des grandes surfaces. Et
pour cause : La Bourgogne produit certes des vins de néociants,
nous n’aurons pas là non plus d’apriorismes,
mais les plus justement renommés d’entre eux, ainsi
que les meilleurs propriétaires, ne s’affichent pas
dans ces “entrepôts”. C’en est des grands
vins comme du bon goût: c’est rare et cher!
Notre propos était d’aborder de façon cohérente
(proximité des crus) quelques uns de ces grands vins.
Montrachet “Marquis
de Laguiche” Joseph Drouhin 1988
Le montrachet est un des plus grands vins du Monde (connu.). Celui-ci est encore
fermé, nez minéral, sous bois, champignons, bouche ample, très
puissante quoique sans cette grande complexité attendue.
(Catherine Deneuve
séquestrée dans une villa vénitienne).
Bâtard-Montrachet
Domaine Pierre Morey 1988
Ce Bâtard-Montarchet a conquis l’ensemble des dégustateurs
par son ampleur immense; nez exhubérant, très frais, arômes
de pain grillé, beurre, frangipane, très puissant. Bouche d’une
longueur incroyable,très fraîche, même puissance, notes
d’arômes de patisserie, coing, abricot, pamplemousse, plus des
notes végétales mentholées. Magnifique ! Srtructure très
franche et nette, déjà équilibré.
(Isabelle Adjani au volant d’une Ferrari).
Chevalier-Montrachet “les
demoiselles” Louis Jadot 1988
Le Chevalier-Montrachet a suscité des appréciations différentes
selon qu’on apprécie plus ou moins les vins très aromatiques
et ehubérant., Nez plutôt végétal, lierre, chèvrefeuille,
glycine, et épicé (poivre blanc) d’une puisance incroyable,
bouche très complexe, beaucoup de mâche, de gras suivie d’une
explosion aromatique : miel, amande, pain grillé, noisettes... longueur
interminable. Peut-être, plus de légèreté que le
Bâtard, encore que chacun de ces Grands Crus possède sa personnalité propre.
(Inès de la Fressange radieuse).
Puligny Montrachet “les
folatières Henri Clerc 1989
Le Puligny-Montrachet a recueilli également beaucoup de suffrages, pas étonnant,
c’est le plus séducteur peut-être, avec ses arômes
excessivement délicats de fleurs blanches, vanille, amande, miel, toutes
ces notes doucement et joliment exposées, bouche puissante mais très élégante
et harmonieuse, très “chardonnay”, (pain grillé),
très belle persistance, le plus près à boire de la série,
le plus féminin aussi.
(Mathilda May vous souriant).
Chassagne-Montrachet « morgeot » Domaine Ramonet 1989
Le Chassagne était le premier vin à déguster, du millésime
1989 et élaboré par Mr Ramonet dont la réputation n’est
plus à faire et dont les vins sont par définition des vins de
garde. Autant de critères à prendre en compte lorsqu’on
aborde un vin très rare et très jeune. Dégustation difficile
donc, mais on aura senti nettement le potentiel énorme de ce vin déroutant,
très différent et pourtant, de la commune voisine: bel exemple
de l’importance de la “main” du propriétaire. Coupable
d’hérésie: nous avons ouvert cette bouteille trop tôt,
mais circonstances atténuantes, nous avions le droit de savoir ce qu’était
un Chassagne blanc du meilleur producteur.
(le numéro de télephone de Fanny Ardant est sur liste rouge)
Ces commentaires ont été rédigés
par Alain Asselin le 30 avril 1992