
Michel
Chapoutier, le Prince de l'Hermitage
Samedi 22 novembre
2003 “les vins de l’Horloge” Montpeyroux
Ce
n’est plus un secret pour personne, les vins de Chapoutier
sont une source de plaisirs offerts à prix correct aux amateurs à la
recherche de vins sincères, grandement savoureux et digestes.
En ce samedi pluvieux de novembre, au coeur du village de Montpeyroux,
un trait de soleil a illuminé nos verres et nos regards
par cette dégustation des quelques unes des cuvées
proposées par Michel Chapoutier et son équipe.
Blancs
Crozes-Hermitage “La Petite Ruche” 2002
Issu du seul cépage marsanne et implanté sur des sols d’alluvions
caillouteuses, ce Crozes nous a charmés par sa belle couleur jaune pâle
aux reflets verts et brillants, par son nez “retroussé” aux
senteurs de citrons et de fleurs, puis par sa bouche fraîche, fine et
simplement élégante.
Condrieu 2002
Quelle classe! un Condrieu dans toute sa grâce naturelle. Or pâle
brillant, le nez tout entier porte sur les fruits du jardin, la pêche,
la poire et un bouq uet de fleur fraîche. La bouche est superbement équilibrée,
ronde liant le gras et de finesse... très belle longueur abricoté et
minérale.
Hermitage “Chante-Alouette” 1997
Cet Hermitage blanc déjà âgé de 6 ans est en pleine
forme. L’or l’habille, les fruits blancs assortis de fines notes,
d’amandes grillées, de chèvrefeuille, d’abricot frais,
accompagnent la dégustation de ce vin au caractère trempé d’élégance.
L’équilibre en bouche est radieux et c’est sans lassitude
que l’on savoure son gras et la myriade de parfums qui perdure en bouche... “comme
un coureur de fond”.
Ermitage “De l’Orée”1993
Ce sont des marsannes âgées de 60 à 70 ans qui entrent
dans la composition de cette cuvée sélectionnée. malgré la
difficulté du millésime, le vin brille comme un soleil couchant
et illumine le bouquet de ses notes de fruits mûrs, de pâte de
coing, de miel, de d’épices muscatées, le tout souligné par
une belle minéralité. On est ravi... et puis le gras tapisse
en bouche soutenant ses not es aromatiques en pizzicati de fleurs, de fruits,
d’épices procurant par le fait un plaisir ineffable. Puis vient
le silence admiratif qui suit la fin de bouche et comme pour Mozart, c’est
encore “De l’Orée”!
Rouges
Coteaux d’Aix-en-Provence Domaine des Béates
2000
Les “Béates” étaient les pensionnaires du couvent
qui séjournaient jadis sur le site du domaine. Aujourd’hui , c’est
le vin qui provoque une certaine béatitude de la part du dégustateur.
Tout de rubis vêtu , le vin exhale des notes fraîches de fruits
rouges, de café grillé, de réglisse, d’un bouquet
de garrigue. Beaucoup de chair entoure la bouche pour la rendre souple et soyeuse.
L’ensemble est franchement jubilatoire. Une gourmandise idéale
pour une cuisine ensoleillée.
Crozes-Hermitage “Les
Meysonniers” 2000
La syrah reprend ses droits sur les colline s de Tain l’Hermitage, cette
cuvée le démontre immanquablement. La robe est rubis tirant vers
le noir. Le bouquet s’enrichi de fruits noirs écrasés,
de cuir, de grillé et de fleurs odorantes tandis qu’en bouche
c’est la fraîcheur qui prend le pas donnant au vin au corps moyen
une vivacité entreprenante.
Hermitage “Monier
de la Sizeranne” 2000
Avec la “Sizeranne” on passe aux choses sérieuses! La robe
violacée sombre est profonde, le nez puissant offre des notes de cassis,
de mûres, de fumé, de tabac blond, de poivre. Après une
attaque franche, la bouche affirme une structure tanique parfaite sur fond
de fruits rouge et de réglisse. Voilà un régal à attendre
encore certainement une bonne décennie.
Côte Rôtie “Les
Bécasses” 2000
Situées sur les meilleurs tainements micaschisteux de l’appellation,
ces Bécasses nous proposent un moment rare de plaisir complet par son
fruit intense framboisé, sa fraîcheur d’épices et
de violettes, son fumé élégant, la rondeur de ses tanins,
la profondeur des arômes et sa finale sereine et longue qui ponctue ce
grand vin en devenir, digne de nos meilleurs moments de gastronomie .
Le repas d’amis
a suivi... La divine blanquette de veau à l’ancienne
préparée par le chef Jean Marc Wormser, aux délicates
senteurs de garrigue et d’olives, s’est accordée à la
perfection avec le sage Châteauneuf-du-Pape “Bernardine” 1993
(***) tout en souplesse et en chair. Le tendre Saint-Joseph blanc “Deschants” 1997
( *** ) s’est attribué le plateau de fromage de chèvre
et une ultime bouteille de Maury (****) s’est mise en évidence
sur des poires au vins subtilement épicées .
Merci à tous pour
ces bons moments.

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