
Existe-t-il de bons Chardonnay ailleurs qu'en Bourgogne
?
Jeudi 22 septembre 2005 au Bistrot d’Ariane à Lattes
De
son berceau historique, la Bourgogne, où il fait merveille
dans les grands crus (Montrachet, Meursault, Corton-Charlemagne ….),
le chardonnay s’est répandu largement en France et dans
le monde. Les surfaces plantées en chardonnay ont quasi doublé en
France entre 1988 et 1999 et se développent à vive
allure dans le monde pour bientôt dépasser les 150.000
ha. Les plants de chardonnay sont aujourd’hui, la variété la
plus vendue par les pépiniéristes.
On dit que le chardonnay rend tout le monde heureux, du vigneron,
au consommateur, car il s’adapte à de nombreux terroirs
et climats et donne des vins agréables et appréciés.
Le chardonnay est recherché pour sa capacité à produire
des vins fins avec de la puissance aromatique. Mais en raison de
cette diversité des terroirs et des conditions climatiques,
on peut s’attendre à des expressions variées
et différentes de la typicité bourguignonne.
Les onze vins proposés à la dégustation proviennent
de sept pays et de quatre régions françaises, la Bourgogne étant
représentée par un vin. Ces vins se trouvent dans le
commerce à un prix compris entre 10 et 15 € afin de garder
une certaine homogénéité et de comparer ce qui
est comparable. Ils sont relativement jeunes (2001 à 2004)
sauf pour l’un d’eux, (qui date de 1996). La dégustation
a eu lieu en aveugle, dans cet ordre, en verres Spiegelau Expert.
Hartenberg Stellenbosch Afrique du Sud 2002 (9,60 € ) 
Robe jaune pâle, limpide et brillant. Nez assez puissant,
notes boisées, arômes d’agrumes (pamplemousse),
bonne vivacité en bouche, peu de gras. Ses éléments
ne se fondent pas bien d’où un certain manque d’harmonie
avec un boisé sensible.
Manzanitta Canyon Californie USA 2003 (7,80 €) 
Jaune pâle, brillant et clair ; premier nez évoquant
plutôt le sauvignon puis notes de poivron vert évoluant
vers les fleurs blanches, les épices douces. Bouche ronde
avec cependant ce qu’il faut d’acidité, finale
minérale, assez persistante. Avis partagés car certains
le trouvent plutôt mou et manquant de la typicité du
chardonnay.
Te Mata « Woodthorpe » Hawkes
Bay Nouvelle-Zélande 2004 (13,10 €) 
Robe paille clair, brillant et limpide. Bonne intensité olfactive,
notes grillées et briochées, puis arômes de fleurs
blanches et de citron. Attaque franche, belle acidité. Élégant,
minéral et long. Certains lui trouvent une finale un peu amère.

Château Revelette « grande cuvée », VdP
des Bouches-du-Rhône, 2003 (15 €) 
Robe d’un doré léger. Nez aux notes
d’acacia, de miel, de violette. Attaque ronde, vin plutôt
gras, aux notes briochées et pain d’épices. Manque
d’acidité et un peu chaud en finale (est-ce l’effet
du millésime de la canicule ?).
Yarden « Odem » Galilée
Israël 2002 (15,20 €) 
Robe jaune pâle avec nuances dorées, limpide.
Nez intense d’agrumes, d’abricot, de bergamote. Ample
en bouche, notes de nougats et de réglisse. Bien apprécié par
le groupe même si on peut lui trouver un petit manque d’acidité.
Domaine Chantal Lescure Côtes de Beaune 2002 (10,50 €)
Jaune pâle. Nez discret, minéral avec des notes
de pierre à fusil. De la fraîcheur en bouche, peu de
volume, un peu fermé. Certains lui prédisent du potentiel.
Castillo di Ama “Al Poggio” Toscane
Italie, 2001 (14,30 €) 
Robe dorée pale. Premier nez floral puis arômes
de fruits blancs. Attaque nette puis belle fraîcheur avec de
la longueur. Mal perçu par le groupe, certains évoquent
le lard fumé, d’autres le trouvent simple.
Casa Lapostolle « Alexandre » Casablanca
Valley, Chili 1996 (11,80 €) 
Doré soutenu. Nez intense avec des notes évoluées
de toasté, de champignon, de fruits secs. Bouche ample avec
cependant de la fraîcheur, arômes d’amandes grillées,
d’abricot et de melon confit. Un vin opulent.
Domaine
de la Colombette « ½ muid » Vin
de Pays d’Oc 2001 (13 €) 
Doré d’intensité moyenne. Nez toasté évoquant
le poivron grillé ou la peau de volaille pour certains. Mêmes
types d’arômes en bouche avec évocation de caramel.
Peut-être un léger manque de vivacité.
Wijnkasteel Genoels-Elderen «chardonnay wit » Hesbaye,
Belgique 2001 (11,90 €) 
Couleur dorée pâle. Nez discret de fleurs blanches
avec des notes d’acacia, de miel et de mirabelle. Bouche d’une
bonne fraîcheur, notes de fruits acidulés, d’agrumes.
Un vin bien tenu par l’acidité avec des arômes
fins.
Château d’Or et de Gueules « le
Cep de Diane » VdP du Gard 2001 (10 €)
Couleur vieil or soutenu. Nez intense de fruits secs, d’épices
douces avec des notes poivrées et de cire. Bouche avec des
arômes évolués, saveurs d’écorces
d’orange. Manque peut-être un peu d’énergie
car vin ensoleillé ; on pense à une vendange un
peu sur mûrie.
Le repas servi à l’issue de la dégustation,
signé par Denis Roubaud, se composait d’un « dos
de cabillaud au beurre de tomates, riz blanc et julienne de petits
légumes » suivi d’une « oreillette
de poire caramélisée dans une feuille fine de galette
de blé et crème à la réglisse et chocolat
noir ». Trois vins ont accompagné en bon accord
ces plats :
Cave de Sieur d’Arques « Toques et
Clochers » Haute-Vallée Limoux, 2000 
Cave de Sieur d’Arques « Toques et
Clochers » terroir d’Autan Limoux, 2000 
Domaine La Clotte Fontanes, « Bathilde » VdP
d’Oc, 2003 
À signaler que le dernier vin dégusté (le
Cep de Diane 2001) s’est aussi révélé parfaitement
adapté aux deux plats.
