
Les grandes verticales : Château Cos d'Estournel
2ème Grand Cru Classé à Saint
Esèphe
Restaurant Mazerand, le vendredi 15 décembre 2006
En quittant vers le Nord, la zone de Pauillac par la D2, on ne
peut qu'être frappé de stupéfaction devant le
château, imposant édifice crée par Louis Gaspart
d'Estournel, véritable palais du vin, "dans le genre
chinois" notait alors Stendhal.
Un lion, symbole de force, et une licorne, symbole de pureté,
surmontent l'arc de Triomphe accueillant les visiteurs. En 1820,
le propriétaire qui exportait ses vins en Inde fit surmonter
le chai de trois pagodes indiennes à clochetons et rapporta
de Zanzibar une porte en bois sculpté du XVII ème siècle.
Tous les grands dégustateurs affirment que les vins de Cos
d'Estournel sont un modèle de régularité, et
qu'ils ne déçoivent jamais. Dans les petits millésimes,
ils sont délicieux et dans les grands, ils frôlent le
génie !
Les vins ont été servis en verre Spiegelau Authentis
n°2, dans un ordre choisi, millésime dissimulé.
(Le chiffre entre parenthèses indique l'ordre de passage)
1971… L'année des petits volumes.
(3)
Drapé d'une
robe grenat pâle tuilé, le vin
présente un bouquet d'intensité modérée
en forme d'une fine dentelle de parfums. Fruits rouges mûrs, épices
safranées, cuir, café crème, liqueur de cerise
forment un bouquet séduisant. La bouche marque le début
de son déclin, très souple et d'une belle élégance,
il développe encore de jolis arômes de fraises mûres
et de café, les tanins sont lisses et la finale un peu aqueuse.
L'ensemble reste très plaisant.
1983… L'année tropicale.
(2)
Un
grenat orangé et profond, un bouquet puissant et complexe
sont les premières approches de cette bouteille âgée
de 23 ans. Les parfums de cacao, de cuir, d'olives noires, et de
truffes débordent littéralement du verre. Moyennement
corsée et ronde, la bouche révèle des arômes
tendres et fruités, ainsi que des tannins fins et joliment
persistants.
1986… L'année de l'équilibre.
(9)
Ce vin non carafé présente à l'ouverture
des notes de réductions marquées. Une grande aération
est nécessaire pour laisser exprimer le bouquet et ses notes
de fruits rouges, de cuir, de terre humide et de tabac blond. Assez
corsée, la matière en bouche est mal équilibrée.
Ronde à l'attaque, elle évolue vers des tanins austères
exprimant une réelle dureté en finale. C'est une déception
pour cette bouteille issue d'un millésime réputé.
1990… La grande année.
(10)
Vêtu
de grenat pourpre légèrement orangé et
brillant, le 90 manifeste un nez aromatique et épicé de
boisé, de cerises noires et de cacao. D'une belle concentration,
il présente un magnifique équilibre entre rondeur,
souplesse et finale tannique. D'une grande profondeur, sa savoureuse
longueur en fait un vin de haut niveau.
1992… L'année du bon vigneron.
(1)
Ce
vin âgé de 14 ans arbore une superbe robe étonnamment
colorée de pourpre. En cette année difficile où seuls
les bons vignerons ont obtenu des résultats probants, le Cos
d'Estournel offre une bouche souple en demi-corps mais bien équilibrée.
Les Arômes sont élégants et la longueur plus
qu'acceptable.
1995 … L'année des chaleurs.
(5)
La
robe grenat noire aux reflets de rubis est une indication à la
puissance du millésime. Avec un doux nez de fruits noirs,
de jus de viande, de cacao et d'épices, ce vin assez corsé affiche
un fruité merveilleusement fin, dans un ensemble fabuleusement
pur et précis. D'une admirable franchise, il déploie
des notes de cuir, de réglisse de pharmacie et de minéral
concassé proche des grands Pauillac. En finale, sa longueur
laisse deviner un avenir prometteur.
1996… L'année des degrés records.
(6)
Le 96 révèle un potentiel
extraordinaire, d'abords par sa robe noire et profonde, puis
par son bouquet puissant d'épices,
marqué par le cuir et le café grillé. Corsé en
bouche, riche en liqueur et en tannins, sa souplesse et sa rondeur
donnent déjà d'agréables sensations sensuelles.
1998… "Août fait le moût".
(7)
Ample et élégant, le
98 est aussi fabuleusement massif et concentré. Vêtu
de rubis foncé, il exhale
un bouquet superbe aussi gourmand qu'une cuisine à l'instant
du réveillon. La bouche séduit par son gras et ses
tannins ronds et souples. Ce vin sèveux, viril et fin est
un plébiscite aux grands Médoc que l'on peut boire
dans leur jeunesse et que l'on peut patienter plusieurs décennies.
2000… L'année désirée.
(4)
Noire opaque, la robe évoque
au premier regard la puissance du nectar. Généreux
dans ses parfums, le bouquet varie les plaisirs entre fruits
secs grillés, poivre, cassis écrasé,
jus de viande et boîte à cigare. Superbe de densité,
le vin colle littéralement au palais par ses tannins fins
et son doux velouté de fruit et de chocolat. La finale reste
fraîche et reposante, le vin glisse tout seul !
2002… L'année exceptionnelle.
(8)
Elégamment
habillé de pourpre bleue et quoique
fermé au nez, ce vin d'une grande fraîcheur, étonne
par son accès immédiatement gourmand. La bouche révèle
un ensemble riche, rond, voire crémeux, remarquablement
doté de
tanins fins et précis. D'un très bel équilibre
savoureux, l'ensemble devrait se développer pour un vin
très
parfumé, superbe pour son alliance de richesse et d'harmonie.
Merci à tous,

Pour trouver
des vins du château Cos d'Estournel chez des
marchands français