
Une
horizontale 1993
Jeudi 2 octobre
2003 Restaurant “ La
Closerie” à Montpellier
10 ans plus tard tous
ces bons vins que nous entreposons consciencieusement au fond de
nos caves, sont-ils prêts à boire? faut-il encore
attendre ? est-ce trop tard ?...
L’Epicuvin propose
de répondre à ces questions fondamentales avec, pour
cette soirée, quelques flacons dégustés dans
le plus complet anonymat, carafés une heure à l’avance
et servis dans l’ordre suivant. Il faut signaler des conditions
météorologiques qui n’ont pas aidé la
dégustation, il faisait, ce soir là sur Montpellier,
un temps marin très lourd et très chaud.
Domaine Denis Magnien Clos Saint Denis
D’un grenat pâle bordé d’orange, ce grand cru de la
Côte de Nuit présente un nez moyennement intense, de cerise noire,
de cuir et de sous bois. Vif à l’attaque, il reste souple et trop
léger pour un vin de cette prestigieuse origine, peu complexe et sec
en finale. Cette bouteille n’a apparemment pas tenu la distance. On a
goûté bien mieux chez Denis Magnien !
Marquès
de Murietta “Ygay” reserva Rioja
Brillant et noir, voilà une robe digne d’un cardinal. Le nez déborde
du verre avec ses notes de fruits confits, de chocolat, de cire, de cuir et
de noix grillées. La bouche est ronde, évoluée, caramélisée
et un peu vulgaire, surtout sur la fin où les tannins viennent déchausser
les dents !
Domaine de l’Hortus “grande
cuvée” Coteaux du Languedoc-Pic Saint Loup
La présentation
est impeccable, grenat intense et reflets orangés. À l’aération,
le bouquet offre une bonne surprise par son intensité et
l’élégance de ces parfums. On y découvre
la viande grillée, les fleurs séchés, le pruneaux
et d’agréables notes médicamenteuses de menthol
et d’eucalyptus. La bouche reste en retrait mais donne par
sa souplesse et son harmonie, une impression de délicate
plénitude. Un vin de dentelles.
Château
Pradeaux Bandol
Le mourvèdre pur de Pradeaux est sans conteste un des plus recherchés
par les amateurs de vins puissants et ensoleillés. Celui ci ne défaille
pas, par son bouquet riche et complexe, sensationnel et 100% méditerranéen
. La bouche reste austère, tannique, encore dure et fermée mais
longue... Il faut patienter les amis !
Château Montus Madiran
Avec la cuvée générique du domaine, Montus nous propose
un vin superbement constitué, riche et subtilement campagnard. On sent
le foin, les confitures de fruits rouges, les côtelettes grillées
et les pleurottes (on pourrait dire aussi les girolles !). De corps moyen,
la bouche reste fraîche et élégante, finissant par des
tannins bien plantés fins et soyeux.
Domaine Rostaing “ landonne” Côte
Rôtie
“on dirai un tawny” annonce un dégustateur. C’est vrai
que la robe est évoluée, le nez aussi. Il est cependant délicieux
de précision, avec des notes de liqueur de cassis, d’épices,
de fumé, de terre mouillée. La bouche est modérément
corsée, souple et remarquable quand on sait les conditions difficiles
dans lesquelles se sont déroulées les vendanges.
Domaine de l’Aiguelière “côte
dorée” Coteaux du Languedoc-Montpeyroux
C’est la robe la plus profonde de la soirée, d’un grenat
pourpre presque noir. Le bouquet “enivre” (dans le bon sens du
terme) par son bouquet fantastique de fruits noirs, d’épices exotiques,
de café, de chocolat, d’olives et de bois de noyer. La bouche
est impeccable d’équilibre. Séducteur par son onctuosité savoureuse
et sa fraîcheur reposante, c’est un vin énorme, violent,
jouissif, ensoleillé comme un matinée de juillet et d’une
longueur plus que réjouissante. Bravo Aimé !
Michel Chapoutier “barbe
rac” Châteauneuf du Pape
Issue de rendement dérisoire (10hl/ha) la cuvée “barbe
rac” qui provient d’une petite parcelle plantée en 1901,
ne donne par an que 3000 bouteilles qui s’arrachent dans le monde entier à un
prix conséquent mais encore raisonnable. Avec sa robe d’un grenat
tendre, tirant sur le noir, il développe un nez superbe d’une
belle complexité et d’une netteté qui laisse admirateur
: framboises sauvages, arabica, cuir de russie, cerise noire, vieux marc, épices
de garrigues, confitures de figues... la bouche ne présente aucun signe
de faiblesse,
équilibrée et ronde, d’une matière harmonieuse, aux
tannins fins, longs et racés... un vrai régal !
Château
Pape Clément Pessac-Léognan
Voilà ce que j’écrivais au sujet de ce vin, en avril dernier,
lors d’une soirée consacrée aux grands crus de Bordeaux
1993. “La robe est superbe, c’est la classe! Le nez suit avec autant
d’ampleur sur des notes minérales immédiates, puis évoluant
avec finesse sur des parfums de vanille, de fruits des bois, de havane, de
cuir, de crème de café. La bouche est somptueusement racée
et équilibrée sur la fraîcheur d’arômes de
cerises griottes et de pruneaux, de grillé et de caramel. L’ensemble
reste classique, sérieux, une valeur sûre à conserver encore10
ans.”

Horizontale
1989
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