
Médoc 1995
contre le reste du Monde
Jeudi 4 octobre, au
restaurant "le Bistrot dAriane" à Lattes
Pour les
vins du Médoc, lannée 1995 se révèle être,
avec le temps, un excellent millésime. Dans lensemble,
la qualité lemporte assez nettement sur 1994. Les
vins sont sans nul doute de plus en plus savoureux et souvrent
sur une belle profondeur et un profil aromatique complexe. Les
Médoc sont charnus et réguliers dune appellation
sur lautre. Margaux se distingue par son charme habituel
mais la palme de la plénitude, de constitution et dhomogénéité revient à Saint
Estèphe selon quelques dégustateurs aussi avertis
que médiatiques. Nous avons choisi quatre dignes représentants
de cette célèbre région et les avons mis en compétition avec
quatre autres magnifiques crus à découvrir. Servis à laveugle,
carafés à lavance, en voici quelques commentaires.
- Le plus moderne
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- Virgin Hills Cabernet
Sauvignon (Victoria valley - Australie)
Sa robe grenat-pourpre évoluée est superbe par sa brillance
et sa profondeur. Au nez, se sont des notes crémeuses de fruits
très mûrs, de grillé et de chêne qui dominent.
Cependant la bouche semble trop légère et souple. Le
vin finit en tendresse aimable, facile à boire, réservé à une
clientèle peu exigeante.
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- Le plus sudiste
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- Nieeport Redoma (Douro - Portugal)

Robe profonde, grenat foncé,
un peu mate, dès le regard il affiche son aspect solaire.
Le nez de dément pas, fruits cuits, réglisse,
olive noire, épices sauvages. Lattaque en bouche
est intense, un peu trop car lon note un creux en milieu
dévolution. Simple, trop simple les tanins semblent
déjà usés, même si lensemble
reste élégant, ce vin sétait mille
fois mieux goûté il y a deux ans, lors de la
soirée vin et tauromachie (22-07-99).
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- Le plus séveux
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- Château
du Cèdre Prestige (Cahors - France)
Quelle belle robe violacée, pourpre, impeccablement intense.
Le nez explose par son bouquet de fruits noirs compotés, de
foin coupé, damandes grillées et de torréfaction,
de réglisse, de champignons frais... en bouche cest un
début denchantement, puissant, riche, la matière
est énorme, les tanins présents mais veloutés,
les arômes de fruits écrasés persistent... on a
aimé!
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- Le plus joyeux
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- Château Tour Haut-Caussan (Cru
bourgeois / Médoc)

Cest le cadet de la série des Médoc sa couleur,
plutôt tendre, décèle encore quelques reflets bleutés.
Le nez dintensité moyenne souvre adagio puis passe
en allegretto, tant les parfums de vanille, de cuir neuf, de pruneaux
confits, de tabac, envahissent le verre. La bouche est ronde riche,
tout en matière de bonne humeur. La finale boisée et
les tanins de belle qualité laissent encore du champ à ce
futur concerto gourmand.
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- Le plus élégant
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Pavillon Rouge
(2e vin du Château Margaux / Margaux)
Vin superbe dans le verre, à la robe brillante, profonde, grenat
bleuté encore jeune. Le nez fait la différence par sa complexité et
ses parfums élégants. Des notes empyreumatiques premières
on passe aux fleurs puis aux épices douces ou encore au cacao. Soyeuse,
tel le velours, la bouche ne renie pas son origine. Puissante, concentrée,
racée, la matière laisse ressentir la magie de son terroir,
superbe! |
- Le plus musclé
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- Château Sociando Mallet (Cru
bourgeois / Haut-Médoc)
Noir, marqué dun reflet sang, le vin semble énorme.
Le bouquet déballe en désordre ses notes de boisé,
de cassis noirs, de terres. En bouche la perfection est proche, lensemble
est long, riche, musclé, tanique, profond... doit sattendre
pour faire une bouteille top class.
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- Le plus complexe
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- Mas de Daumas Gassac (Vin de Pays
de lHérault - France)

La robe intensément
pourpre, presque noire suscite ladmiration. Le bouquet
souvre doucement rajoutant à son catalogue des
parfums toujours élégants: cuir neuf, laurier,
mine de crayon, olive, mûres de ronciers... la construction
en bouche est dune rare précision de par sa
fraîcheur, son velouté, sa puissance tanique,
son équilibre radieux. Adolescent, cest un vin
fier comme Artaban!
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- Le plus grand
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Château
Montrose (3e cru classé / St Estephe)
Drapé dun robe grenat-pourpre opaque tirant vers le noir,
on admire en silence. Le nez merveilleusement fumé et fruité,
laisse entrevoir une complexité digne des plus grands: poivre noir,
chocolat, cuir de Russie, havane, menthol... La bouche puissante et concentrée
est étonnamment soupe et gourmande pour son âge. Je pense
que son gras et ses tanins de soie y sont pour beaucoup. Remarquablement
délicieux, il devrait encore évoluer favorablement. |

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