
MUSIQUE
Grand Cru
"Déguster
les saveurs de la musique et écouter la mélodie des
grands vins"
Mercredi 21 juillet
2004
Un moment d’émotion
unique proposé pour la première fois par L’Epicuvin,
le club des amoureux du vin et de la Gastronomie s'est déroulé au
restaurant le Mazerand à Lattes...

Musique Grand
Cru 2004
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Dom
Pérignon & Wolfgang Amadeus Mozart |
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Champagne
1993 & La Flûte Enchantée Ouverture & Acte
I (air de Papageno “Der vogelfanger bin ich ja”)*
Le champagne
et la musique de Mozart ont ce point en commun, la légèreté alliée à la
puissance des éléments en action. Les bulles
du vin blanc magique matérialisent ce côté aérien,
tout comme les thèmes abordés par les opéras
de Mozart ( Cosi fan tutte, Mariage de Figaro, Don Giovanni...).
Mais à regarder de plus près, la profondeur
est de mise, le sérieux et le grave sont sous-jacents,
on chante et on s’aime cependant. Richesse aromatique,
puissance, équilibre des saveurs, longueur pour le
premier; drame, dénonciation des inégalités,
du pouvoir, de la bassesse humaine...
sont la trame réelle des merveilleuses mélodies, poésie
des voix et “coloratura” mozartiennes...
Nous avons choisi Dom Pérignon pour son admirable équilibre
résultant de l’assemblage parfait entre pinot noir et chardonnay,
sélection unique de terroirs de grand cru, vinification rigoureuse, élevage
raffiné.
“Pas
de lourdeur, pas d’opulence, une architecture irréfutable,
le nombre d’or s’impose...”
Tout
comme la “Flûte”, ce vin est lumineux et
sombre, caressant et terrible, de moments et de souvenirs.
Long, il tient la note et, comme on dit de la musique de Mozart, le silence
qui suit la dernière goutte avalée, c’est encore
du Dom Pérignon.
Autour
d’un sorbet concombre et huile d’olive, une émulsion
de tomate aux épices, chips de légumes
*Hermann
Prey (Papageno), Sir Georg Solti dirige l’orchestre Philharmonique
de Vienne (disque DECCA)
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René et
Vincent Dauvissat & Antonio Vivaldi
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Chablis Grand
Cru“ Clos” 1993 & Concerto Les Quatre Saisons
(mouvement n°4 “ l’hiver”)*
Pour
nous, méditerranéens, Chablis est un terroir
unique, proche du merveilleux. Il donne naissance à des
vins d’une fraîcheur, d’une profondeur
et d’une minéralité qui laissent admiratifs.
Plusieurs années lui sont nécessaires pour
que les arômes de miel et de fruits secs s’éveillent,
tout comme son équilibre acidité-moelleux et
ces fameuses notes de “kimméridgiens”.
Lorsque je goûte un grand cru en apogée, c’est à dire âgé d’au
moins dix ans, je pense à des moments de mon enfance, à Nîmes,
lorsque nous rentrions de l’école en hiver, après
l’étude de 7 heure du soir, emmitouflés dans nos “anoraks” avec
gants et bonnets et que, sur le trottoir parfois glacé, nous marchions à pas
lents, attentifs de ne pas glisser, grelottants parfois, le bout du nez “gelé”,
languissant de rentrer au doux foyer mais heureux à la sensation
de sentir l’hiver, puissant et intense nous entourer de son manteau
de froid.
Chaque chose en sont temps, les boules de neiges, les glissades sur les
flaques gelées, les marrons grillés dans la cheminée,
les cadeaux de Noël, l’arbre illuminé, la crèche,
le réveillon, toute la famille réunie et heureuse, c’était ça
l’hiver... et on oubliait assez vite les inconvénients.
Le dernier
mouvement du concerto les Quatre Saisons de Vivaldi, c‘est
le même bonheur; celui de l’hiver en Italie,
du cycle des saisons dans toute sa splendeur, des paysans
frappant le sol de leur sabot, écoutant le vent furieux
installés devant la cheminée qui crépitent
en buvant du vin chaud. Ces braves gens joyeux qui dansent
en tapotant la croupe des paysannes, appréciant heureux
les bons cotés de la bise et ses cadeaux offerts en
jouissance collective... prélude à l’été avenir,
toujours radieux.
Gourmandise
de mijoté de homard et crevettes à l’américaine
légère
*Trevor
Pinnock dirige du clavecin The English Concert (disque ARCHIVE
PRODUCTION) |
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Henri
Bonneau & Heitor Villa Lobos
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Cuvée
Marie Beurrier
Châteauneuf du Pape 1997 & Prélude pour
guitare n°1*
Les
vins d’Henri Bonneau n’ont pas la causette facile
et pour cause... on en boit quasiment jamais !
Pour nous, pauvres amateurs, le vigneron fait figure de “sauvage” (dans
la vision positive de la chose). On l’imagine n’ouvrant pas
la porte aux appels des visiteurs, ne décrochant pas le téléphone,
refusant la dégustation. On l’imagine le béret vissé sur
la tête, dans sa veste en velours tel Jean Gabin dans le rôle
de Gaston Dominici, donnant coups de canne aux chats et aux paparazzi,
pointant le fusil vers l’acheteur américain ou belge !!!
Mais
on l’admire tout de même, on l’aime bien,
et vous savez pourquoi ?...
Eh bien parce qu’on se dit que, s’il n’y a pas de vin à vendre,
c’est qu’il est réservé aux seuls amis et intimes
de la famille et nous, on aimerait bien faire partie du cercle de ces
gens. Alors on rêve entre amateurs, on se prête à des
comparaisons qui n’ont de valeur que de pronostics improbables...
c’est plus puissant que Beaucastel, c’est plus riche que
Rayas, c’est plus équilibré que Pegaü, c’est
moins fin que La Nerthe, c’est plus long que..., ça doit être
rudement bon. Ce qui est sûr c’est que si la “Marie
Beurrier” se laisse apprivoisée dans sa rondeur et son fruit,
la “cuvée des Célestins” c’est l’arlésienne
vinicole..!
On ne
sait que peu de choses sur Heitor Villa Lobos sauf qu’il
est né à Rio de Janeiro, qu’il était “expansif
comme un méridional, sentimental comme un noir, mélancolique
comme un indien” et qu’il parcourait inlassablement
son immense pays pour capter les langages folkloriques afin
de les transmettre à sa manière d’artiste.
Sa musique est toute empreinte de sensualité, de douceur,
de couleur parfois mélancolique ou explosive. elle
se veut populaire non élitiste, chaleureuse, conviviale,
lyrique... comme le Châteauneuf !
Rognon de veau
braisé, pané, un jus au poivre de Sichuan
*Philippe
Cornier, guitare |
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Marlène
Soria & Georges Bizet |
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Peyre-Rose
Syrah Leone Coteaux du Languedoc 1995 & Carmen - Acte
IV (début)*
La relation
entre les vins de Marlène Soria et l’Opéra
de Bizet m’est apparue évidente dès la
première écoute. En effet, où pouvons
nous trouver autant de chaleur lumineuse, de chemins poussiéreux,
de tavernes enfumées, de danseuses aux pieds nus,
de “toréadors” prétentieux, de
soldats amoureux et de passionara entière que dans
la cuvée “syrah leone” du Domaine Peyre
Rose?
La sensualité méridionale
de la syrah prend ici la couleur tragique de l’oeil
du “toro” fixant le matador à l’épée
rutilante. Le bouquet nous porte aux abords des arènes
quand la foule colorée agite les éventails
devant les effluves du toril, le parfum des bohémiennes
et de leur panier d’orange, la fin d’après
midi quand les nuances de lavande se marient à celles
des bleus oliviers. La matière en bouche est imprégnée
des rondeurs pathétiques du ténor... “Ah
ne me quitte pas...” et des reliefs de la robe sanglante
de Carmen .
Ah
ce vin est admirable. On le goûte avec une émotion
intense et chaque fois renouvelée, comme la voix rauque
de la Callas qui affirme:
“L’amour
est loin, tu peux l’attendre, tu ne l’attends
plus il est là...
tu crois le tenir, il t’évite, tu crois l’éviter,
il te tient...”
Aiguillettes de
canard en brochette, sauce soja
*Maria Callas
(Carmen), René Massard (Escamillo), Georges Prêtre
dirige l’orchestre du Théâtre National de
l’Opéra de Paris (disque EMI) |
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Jean
Gautreau & Ludwig Van Beethoven |
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Château
Sociando Mallet Haut Médoc 1990 & Sonate pour
piano n°8 “Pathétique” 3e mouvement
(rondo allegro)*
Le vin
c’est la lumière.
Celle
d’une fin d’après-midi d’août
orageuse sur les bords de l’estuaire de la Gironde,
là où les terres de graves s’enfoncent
doucement dans l’eau boueuse du fleuve, semble pathétique
voire surnaturelle.
De ses
touches bicolores, le piano transcrit les gris du couchant,
le tonnerre au loin, la grêle qui menace, l’homme
inquiet, les oiseaux affolés. Baremboïm entoure
chaque roseaux, chaque embarcadère, chaque palus,
chaque cep de cabernet, de son toucher de poète.
Le majestueux
90 dévoile doucement son intense machinerie de senteurs,
profondes, les saveurs de terres s’accrochent au palais,
le fruit est mûr, l’émotion est grande,
le vin illumine...
...
Le soleil perce d’entre les nuages, le merle retrouve
sa mélodie.
Cantal vieux en
compagnie de vrai pain aux raisins
*Daniel
Baremboïm (disque EMI) |
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Bérénice
Lurton & Jean Sébastien Bach |
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Château
Climens Sauternes 1988 & Suite pour violoncelle n°1
(prélude)*
Conseil à la
maîtresse de maison n° 21
Si
vous voulez assurer la fin d’un repas entre amis, prévoyez
un dessert léger, élégant, frais et
joyeux, tout en fruits, en sensualité et en relief.
Décorez
du vernis craquelé du violoncelle et de la douce caresse
de l’archer, par la suite dansante du génial
allemand.
Laissez
couler dans la coupe, l’or ambré du Sauternes
de Barsac et sur les lèvres, le bouquet final du feu
d’artifice des senteurs de fruits et d’épices.
Ponctuez
de rires et de larmes de joie... ça le vaut bien !
Blanc manger de
Montpellier, fines feuilles de feuilletage et croustillant
aux fruits frais
*Paul Tortellier
(disque EMI) |

Zoom |
- Luc Vignal - les
Caves Gambetta
- Tonia le Carlier
de Veslud
- Jean Claude Pascal
- Haute Fidélité
- Françoise
di Martino - FDM Communication
- Daniel Roche - Epicuvin
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Avec la participation de :
- Tonia Le Carlier de Veslud,
pianiste, chef de coeur à l'opéra de Montpellier
- Daniel Roche, oeno-mélomane
- Jacques Mazerand, Chef
cuisinier
En partenariat avec les Caves
Gambetta, le magasin Haute-Fidélité, les verres Spiegelau,
l’agence FDM Communication.
Merci mille fois à tous,

Pour
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et musique
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