Pauillac
Mardi
3 février 2004 au
restaurant Mazerand à Lattes
Parmi
toutes les appellations de Bordeaux, Pauillac est sans doute la
plus célèbre avec ses trois premiers grands crus
classés en 1855 et son incroyable concentration de châteaux
prestigieux sur un si petit vignoble (950 ha). Voici quelques vins
de domaine dégustés dans cette ordre en verre Spiegelau
Authentis n°2.
Château La Bécasse 1995
Crée en 1966, figurant dans aucun classement, ce petit domaine de 4
hectares annonce fièrement sa personnalité médocaine avec
une production régulièrement appréciée par un petit
nombre d’amateur. D’une robe pourpre foncé, il dégage
de délicieux parfums de fruits noirs et de cèdre. La bouche mets
en évidence une puissance tanique remarquable tout en restant veloutée
et pulpeuse, ce qui en fait un vin de plaisir immédiat avec l’opportunité d’une
belle évolution.
La Rose Pauillac 1990
Si elle reste d’un niveau modeste, la cave coopérative de Pauillac
n’en est pas moins un ambassadeur important de l’appellation, si
l’on considère le nombre de voitures garées sur son parking.
En effet on se presse pour acheter ces vins superbes, très réusss
et qui peuvent vieillir remarquablement au vue de ce 1990. Rouge, grenat foncé,
légèrement tuilée, telle est la robe; puissant, aux parfums
de fruits confits, d’épices et de jus de viande, tel est le nez;
ronde, très souple, sensuelle, très agréable et d’une
bonne longueur, telle est la bouche. À boire maintenant.
Château
d’Armailhac 1998
Illustré par une statuette de Bacchus empruntée au musée
de son illustre voisin Mouton Rothschild, ce vin présente tous les caractères
d’un grand vin de Bordeaux: la robe rubis noir foncé, le bouquet
intense quoique fermé, de cacao, de cuir, de torréfaction, de
fruits mûrs et une bouche structurée, massive, presque austère
aux tanins de force. Quelques années de cave adouciront de nectar fougueux.
Les
Forts de Latour 1992
Considéré a tort comme le deuxième vin du Château
Latour, “les forts” sont bien un vin à part entière,
produit par de vieilles vignes (64 ans) implantées en bordure de l’Enclos
(parcelle où est produit le grand vin de Latour), c’est à dire à l’endroit,
où il y a plusieurs siècles, étaient implantées
les fortifications du Château. 1992 reste un millésime faible
dans le Médoc, c’est en cela que Les Forts de Latour réussissent
l’exploit d’un vin mûr et complexe et d’une bonne puissance.
Le nez révèle de superbes parfums de boite à cigare, de
viande grillée, de réglisse douce tandis que la bouche, parfaitement équilibrée,
d’une structure moyenne, ronde et élégante, s’enroule
doucement sur la langue comme un serpent autour d’un pommier.
Château Lynch Mousas 1959
Voisin direct du Château Batailley, ce domaine de dimension moyenne ne
faisait que 5 hectares lors de sa remise en exploitation par Mr Casteja en
1969. Il y a 44 ans, le grand millésime 1959 permit au vignoble de Bordeaux
d’écrire une de ses plus belles pages, témoin cette bouteille
conditionnée par un négociant en Hollande (beaucoup de Château
ne faisait pas la mise en bouteille au domaine à l’époque)
qui donne encore de remarquables sensations gustatives. Rouge grenat foncé et
orangé, son bouquet offre des notes intenses de chocolat, de pruneau.
En bouche le charme persiste, d’une grande sérénité,
belle fraîcheur et souplesse des tanins ronds... voilà un vin,
bien sûr âgé, qui en a encore sous le pied. Domaine actuellement
peu côté et donc pas cher, ce vieux millésime démontre
la magie que peuvent engendrer les vins du Médoc et de Pauillac en
particulier. Bravo !
Château
Pichon Longueville Baron 1988
2ème grand cru classé, vinifié en main de maître
par l’équipe de Jean Michel Cazes, Pichon Baron est certainement
un des meilleurs crus actuels tant par sa régularité que par
son caractère médocain affirmé. Aujourd’hui ouvert,
ce nectar noir donne de belles émotions olfactives par son bouquet de
mûres écrasées, de cèdre, de café grillé et
de truffe noire. C’est encore un vin sérieux, puissant, adulte
dynamique par sa vivacité, ses arômes d’épices et
de cassis, ses tanins fins, ses saveurs élégantes et longues.
Bel avenir assuré, on aimerait bien le goûter à nouveau
quand il aura 43 ans comme son prédécesseur de ce soir... ça
nous porte en 2032 !
Château
Lynch Bages 1990
Classé 5ème cru, mais méritant la place de second, Lynch
Bages est lui aussi un vin splendide, également vinifié par Jean
Michel Cazes. Souvent dégusté au club, c’est un vin facilement
disponible qui déçoit on peut dire jamais! Ce 1990 est aujourd’hui
source de grande satisfaction par sa richesse, son bouquet complexe et élégant,
sa bouche, veloutée, charnelle, “rôtie” et longue
de plus de 12 caudalies.
Château
Lafite Rothschild 1994
Noblesse oblige, nous avons terminé avec le sommet de l’appellation,
par celui qui est considéré comme le Pauillac, symbole de la
puissance, du prestige de la tradition viticole et du Bordeaux de très
longue garde. De presque 10 ans d’ancienneté Lafite 94 est encore
bien jeune et fermé. D’une grande pureté il distille admirablement
ses parfums médicamenteux de cèdre, de menthol, de gelée
de myrtille... la bouche racée et structurée laisse envisager
un grand ave nir, posé sur des tanins ciselés et une longueur
savoureusement éjouissante.
Avec le repas préparé par
Jacques Mazerand où l’agneau était à l’honneur,
nous avons pu apprécier le générique “ Pauillac” du
Château Latour 1999
remarquablement
souple et boisé idéal avec la viande et un Château
Lynch Bages 1991
séduisant,
profond et plein de fruits
Merci à tous

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