Verticale
du château de Pibarnon
AOC
Bandol
Mardi
17 février 2004 au
restaurant la Closerie à Montpellier
Une
occasion pareille ne pouvait se manquer. La venue de Monsieur Eric
de Saint Victor à Montpellier à l’occasion
du Vinisud, nous a permis d'assister à une des plus belles
dégustations jamais réalisée dans le club
par le haut niveau qualitatif de TOUS le vins présentés.
Situé à 300 mètres d’altitude dans un
cirque superbement exposé vers la mer, le Château
de Pibarnon exploite 45 ha sur les plus hauts coteaux du terroir
de Bandol. Le sol argilo-calcaire qui forme son tènement
est remarquable par son ancienneté (150 millions d’années)
unique dans l'appellation et la présence de marnes bleues
du Santonien, point commun avec le terroir de Pétrus et
d’Yquem. On le sait, une des caractéristique de l'AOC
Bandol est le cépage qui en fait sa notoriété:
le mourvèdre. Ce "macho latin qui s'habille de soie
et cultive le baisemain" selon Pierre Casamayor (RVF 02/94).
Pibarnon n’en est pas dépourvue bien au contraire,
car ce cépage entre à 90% de l’assemblage du
rouge et 50% dans le rosé.
Les vins dégustés
ce soir ont été servis dans cet ordre, en voici quelques
mots.
DEGUSTATION

Blanc 2002
L’exposition nord des vignes de clairette, de bourboulenc et d’autres
cépages locaux traditionnels, qui font partie de l’assemblage
du blanc, explique en partie sa complexité aromatique. D’une couleur
pâle brillante à reflets argents, le vin exhale un bouquet puissant
et subtil de miel, de citron confit et de jasmin. Véritable gourmandise
en bouche, il présente un rondeur remarquable souligné par des
notes d’épices et de fleurs épanouies. Élégance
et finesse sont les adjectifs les mieux appropriés à ce Bandol
blanc, idéal à boire sur des
poissons de roches.
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Rosé 2003
Vin dieu! Il m’a été rarement donné de dégusté un
rosé aussi somptueux. Robe brillante impeccablement nuancée
de fuchsia, le nez explose sur des parfums de fruits rouges très
mûrs, de réglisse douce, de fleurs et d’épices
de garrigue. La bouche s’ouvre généreusement dans un
impression de plénitude et de plaisir gustatif rare et long. On
vendrait facilement son âme pour un verre de ce nectar avec des filets
de rougets au basilic et à l’huile d’olive. |
Rouge 2001 (en
magnum)
Grand millésime dans le Sud, 2001 l’est aussi à Bandol.
Pour preuve ce rouge à la robe rubis violine très foncé,
captivant par son nez, encore en attente, de cuir, de tabac blond, de mûres
et d’épices. La bouche séduit dès l’attaque
par sa rondeur et la fraîcheur de son équilibre, les arômes
restent discrets mais la classe est là avec “un vrai potentiel
ravageur et envoûtant" .
Rouge 2000 (en magnum)
Pourpre en couleur, complexe en nez, le 2000 débute en fanfare. Le vin
est ensoleillé et joyeux avec son bouquet gourmand de cacao, de fruits
noirs, d’olive, de mine de crayon. Véritable appel aux instances
de Bacchus, il roule en bouche épicé et violent avec ses tanins
fins, réglisés et longs. D’ors et déjà délicieux
il sera difficile de le garder.

Rouge 1997 (en
magnum)
Voilà 6 ans qu’il a été conçu, le vin entre
en phase de maturité. Habillé de grenat, il développe
ses premiers parfums tertiaires de fruits confits, de réglisse, de ganache
chocolat, de pétrole et de truffe. Ronde, élégante, riche
la bouche surprend encore par sa vivacité, son équilibre et ses
tanins en dentelles... un régal!
Rouge 1993 (en magnum)
La belle robe grenat profonde ne trahie pas l’évolution de ce
vin aujourd’hui au top de sa forme. Une grande complexité et netteté caractérise
son bouquet par ses notes appuyées de cerise, de bagages de luxe, de
havane, de tapenade. La bouche fait dans l’harmonie: saveurs, arômes
et tanins se complètent pour le plus grand plaisir de l’oenophile.
Rouge 1990 (en magnum)
Que dire de ce 90, racé et long, à la robe presque noire, à son
bouquet élégantissime de senteurs méditerranéennes, à sa
bouche construite comme un temple en hommage au cépage roi !
Rouge 1988 (en
magnum)
C’est tout en finesse que le 88 s’exprime après 15 ans,
Avec ses notes de fraises écrasées, de jus de rôti, sa
rondeur, son velouté , ses arômes d’épices de Sechuan
et de cacao, il fait figure de vin idéal, se suffisant à lui
même, juste pour la méditation !
Rouge 1985 (en magnum)
Sous les feux des projecteurs, une robe dense, une palette aromatique de folie
(figues, orange, goudron, menthol, truffe en chocolat) une bouche ample, aussi énorme
que charmeuse, une race évidente, une longueur à couper le souffle
... La diva entame “l’air de Violetta”* et le public est
aux anges.
* La Traviata de Giuseppe
Verdi avec Iléana Cotrubas (soprano), Carlos Kleiber dirige
le choeur et orchestre de Bavière (disque Deutsche Grammophon)
REPAS
Château
de Pibarnon 1998 (en magnum)
C’est
avec une Pièce de boeuf poèlée en sauce
au vin de Pibarnon (1994) que nous avons ouvert le magnum 1998.
Comme on s’y attendait l’accords fut idéal
grâce à la matière du vin somptueuse, énorme
et ronde et à la viande de boeuf charolais saignante,
savoureuse, goûteuse et tendre.
Château
de Pibarnon 2003
Le pari audacieux de proposer le Chateau de Pibarnon rouge 2003 (brut de cuve)
avec le dessert, a été couronné du plus grand succès.
Les arômes fruités du vin, la souplesse du corps, sa vivacité et
son entrain ont donné un répondant sensationnel au Bavarois aux
fruits rouges sur génoise chocolat préparé par le chef
de “la Closerie”.
Merci encore au Comte de Saint Victor pour cette soirée qu'on est pas
prêt d'oublier.
Merci à tous.
Bandoleusement,
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