
Pomerol -
Saint-Emilion 1985
Vendredi 8 octobre 1993, au
restaurant “le Patio ” à Mauguio
Sept
vins du millésime 1985 furent proposés à l’aveugle
avec: d’un coté l’équipe Saint-Emilion,
composée de Château Cheval Blanc, Château l’Angelus,
Château Pavie, et de l’autre, l’équipe Pomerol,
composée de Château l’Évangile, Château Église-Clinet,
Château Gombaude-Guillot avec un pirate prévu à l’arbitrage!
Il faut tout d’abord, souligner le niveau commun impressionnant,
la grande noblesse et la puissance de chacun nous interpella au 1er
nez. Cependant la bouteille du Château Pavie a du être
déclassée car elle présentait un très
net “goût de bouchon”.
Château L’Angelus Saint Emilion Grand Cru,
démarra la soirée avec une magnifique robe rouge grenat
au disque déjà ambré. le nez puissant et rond
nous apparut très charnu et sensuel aux notes de coing en
pâte, de chocolat. La bouche peu farouche, nous sembla lisse
et onctueuse, très suave aux tannins doux. D’une bonne
longueur, c’est un vin très agréable et d’une
approche facile. “Une belle femme à la jupe fendue” aurait
dit notre ami Michel Dovaz.
Château Vignelaure Coteaux d’Aix en Provence,
le “pirate” fut invité en seconde position. Habitués
aux vins “détonnants”, (voir nos précédentes
dégustations), nous fûmes un peu déçus
par Vignelaure.Son nez déroutant de chocolat poivré,
assez pâle à l’aération, donnait accès à une
bouche assez vive et anguleuse aux tannins rustiques et mal fondus.
Ce vin fut tout de même apprécié par son côté original
et ensoleillé.
Château Combaude-Guillot Pomerol, le premier
des Pomerol fut l'événement sympathique de la soirée.
D’un rouge profond et intense, “robe de soirée”.
Le nez complexe et très fin sur des notes de fruits noirs
et crème caramel traduisait une noblesse évidente.
La bouche charnue et élégante éclairait plusieurs
participants sur l’origine du nectar. Élegance et belle
conversation?... que demander de plus?
Combaude-Guillot une nouveauté qui en a épaté plus d’un
!
Château Eglise Clinet Pomerol, nous servit
de marche-pied pour accéder à un niveau supérieur.
Robe superbe: rouge profond, velours grenat, le nez timide en entrée
se révéla d’une grande finesse et d’une
richesse aromatique extraordinaire (torréfaction, fruits rouges
compotés, truffe, menthol...). La bouche massive à l’attaque
donne une idée de ce que représente “l’équilibre”.
Tannins fins et fondus et surtout... “la grande classe”!
Château l’Évangile Pomerol,
est sorti tel le taureau dans l’arène, noir, brillant.
Nez fougueux, très empyreumatique, réglissé,
animal, des notes de sang, puissance terrifiante... “Dégustateur,
prends garde, un oeil noir te regarde...” La bouche est énorme,
racée, pleine d’énergie et de concentration.
Elle se révèle, frappe, explose. Chaque gorgée
nous laisse pour longtemps la mémoire du paséo de couleurs
et d’arômes. Lorsque la bouteille fut vide, il se fallut
de peu que l’assemblée ne sorte un mouchoir blanc et
l’agite dans l’air, pour saluer le grand art du vinificateur
et de son terroir !
Château Cheval Blanc 1er Grand Cru classé A
Saint-Émilion
Si l’Evangile frappe par sa puissance, Cheval Blanc nous a séduit
par son équilibre, son harmonie géniale, sa tendre raison qui
nous explique que “c’est cela la beauté” ! On ne se
pose plus de questions, on l’admet sans réserve. Expliquer Cheval
Blanc, c’est analyser la parfaite adéquation entre le terroir,
le cépage (cabernet franc majoritaire) et les hommes, mais c’est
aussi croire au magique. C’est l’art de la sonate transcendé par
Beethoven, c’est la lumière de l’émotion chez Georges
de Latour.
Merci à vous!

(commentaires rédigés
le 13 octobre 1993)
Trouver
des vins de Pomerol et St-Emilion
au meilleur rapport qualité prix