
Saint-Julien,
l'importance du terroir
Mardi 8 juin 2004 au
Bistrot d’Ariane
“La renommée
de Saint Julien n’est pas à la mesure de sa superficie,
la moins étendue de toutes les appellations classiques du
Médoc. C’est là, en revanche, qu’apparaît
la plus forte concentration de vignobles d’AOC, et les domaines
y sont assez vastes...” Tom Stevenson Encyclopédie
mondiale du vin
Les vins ont été servis
dans cet ordre, étiquette découverte, en verre Spiegelau
expert. Les bouteilles de Léoville Poyferré 2000
et Léoville Barton 1994 ont été carafées à l’avance.
Château Léoville-Poyferré 1971 (2éme cru
classé)
Admirablement conservé depuis 32 ans (niveau dans le goulot), le vin
présente une couleur tawny. Le nez reste plaisant aux arômes de
champignons, de fleurs séchées, légèrement mentholés
et épicés. La bouche ne fait illusion qu’à l’attaque
où une certaine rondeur se fait sentir, le milieu de bouche apparaît
creux, maigre et dilué.
Château Léoville-Poyferré 2000 (2éme cru
classé)
Voici une superbe réussite dans ce millésime fastueux. La robe
est concentrée rubis pourpre, le bouquet s’ouvre avec puissance
(viande grillée), puis évolue avec élégance sur
des notes de vanille, de fruits noirs, d’arabica, de réglisse
douce, de boîte à cigare. Sur la langue, le vin roule, rond, gourmand,
velouté, le toucher de bouche est admirable, fin et long. Ce vin de
grande tenue mérite une bonne garde.
 |
Château
Talbot 1990 (4éme cru classé)
Ce très réputé domaine de 100 ha, propose un 90 plus
fin que puissant mais adorablement savoureux. La présentation est
parfaite, grenat largement bordé d’orange. Le nez s’ouvre
doucement sur des parfums de fruits rouges compotés, de cuir, de
fleurs épanouies, de chocolat. La bouche étoffée,
s’installe en bouche en finesse, l’équilibre est parfait.
Aromatique, la finale est souple, longue. Voilà un vin quasi-parfait
qui se boit tout seul, pour le plus grand plaisir de l’amateur hédoniste. |
 |
Château
Léoville-Barton 1994 (2éme cru classé)
Acquis par Hugh Barton, en 1826, ce domaine n’a jamais quitté cette
famille irlandaise. À ce jour et après six générations,
Anthony Barton est secondé par sa fille Lilian pour produire avec
régularité ce que nous considérons être un des
plus fameux vins du Médoc. Celui ci ne déroge pas à la
règle. Rubis foncé, il développe un nez intense de
chocolat noir, de fruits des bois confits, de grillé, d’herbe
rôtie. La bouche est remarquablement fraîche, jeune, élégante
et charnus. les tanins sont superbement doux, savoureux et la longue finale
laisse l’impression du vrai classicisme à la bordelaise. Fameux! |
 |
Château
Lagrange 1998 (3éme cru classé)
Racheté en 1985 par le japonais Suntory, beaucoup n’avait
pas misé lourd sur l’avenir de ce superbe domaine ( l’Epicuvin
y a été reçu en 1993). Ils ont eu tord car les vins
du Château Lagrange sont depuis régulièrement classés
parmi les meilleurs de St Julien,voire du Médoc. La philosophie
du vinificateur, Marcel Ducasse, est de produire un vin apte à une
longue garde mais agréable à boire dès sa jeunesse.
C’est le cas de 98 encore enfant, à la robe pourpre noir
et au bouquet puissant de fruits grillés, de toast, de tabac blond,
de pruneau. La bouche démontre sa virilité par des tanins
serrés et fins. Un bel équilibre vient entretenir l’ensemble
et les arômes de fruits confits lui donnent un profil gourmand
et suave. |
 |
Château
Gruaud-Larose 1985 (2éme cru classé)
Ce cru réputé pour être long à s’ouvrir
présente aujourd’hui, après bientôt 20 ans, une
robe superbe, grenat pourpre foncé. Le nez présente le meilleur
du terroir de St Julien avec ses notes de cacao, de fruits noirs, de burlat,
de terre mouillée, de truffe. C’est un plaisir assurément
que de goûter à cette bouche soyeuse et mûre, élégante,
riche de matière, superbement équilibrée et longue.
Ouahou! |
Château Ducru Beaucaillou 1981 (2éme cru
classé)
Propriété de la famille Borie depuis 62 ans, il tire son nom
de son premier propriétaire et de la nature de ses sols. On a compris,
nous sommes ici dans l’élite. L’endroit en bordure de Gironde
et le terroir sont superbes. Superbes aussi les vins, et ce 81 qui a tout pour
plaire: robe grenat profond, bouquet net et riche de viande fumée, de
caramel et de cassis confituré, bouche séduisante, racée,
pleine d’énergie et de souplesse, un vin au sommet de son apogée.
Un bémol cependant,“les tanins sont un peu durs mais pour accompagner
un gigot, je suis partant!” déclare un participant.
 |
Château
Léoville-Las Cases 1981 (2éme cru classé) 
Ce cru, dont les vignes jouxtent celle du Château Latour est en
tout point exceptionnel. C’est incontestablement un des plus grands
vins du bordelais. Puissant, harmonieux, régulier, il épate
toujours l’amateur qui décèle en lui une caste hors
du commun*. Sans ostentation, le 1981 offre des parfums intenses de fruits
grillés, de tabac, d'épices douces, de cèdre, de
réglisse. La bouche offre un moment de réel bonheur par
sa présence suave, équilibrée, raffinée et
classique. La finale est magnifiquement longue exhibant un fruité superbe
(cerise noire caramélisée)... la grande classe !
Voir
la verticale Léoville las Cases du 28 juin 1992*
|
Encore merci à tous
pour tout ce plaisir, aux vinicateurs géniaux de St Julien,
aux amateurs de l’Epicuvin sans qui ces soirées ne
seraient pas réalisables.
Ont été dégustés
en parallèle pendant le repas:
Château Léoville-Barton 1992 (2éme cru classé) 
Château Ducru Beaucaillou 1992 (2éme cru classé) 

Trouver
des vins de St-Julien au meilleur
rapport qualité prix
|
|