
Vins
du Sud, 7 ans plus tard, 1996
Vendredi
31 janvier 2003 au “Bistrot
d’Ariane” à Lattes
La
soirée “Vins du Sud, 7 ans plus tard”, devient
un moment incontournable dans le programme du club car, à chaque épisode,
nous apprenons beaucoup sur les capacités des vins du Languedoc à évoluer.
Si nous sentons comment des vins souvent délicieux dans
leur jeunesse, promettant beaucoup, se retrouvent un peu démuni
au bout de quelques années, d’autres en revanche démontrent
que le terroir possède un réel potentiel surtout
lorsque dessus, travaillent des vignerons talentueux.
“Pan sur le bec ! Après trois bons millésimes ... le bilan
du 96 semble nettement plus mitigé” écrivait Dominique Couvreur
au sujet du Languedoc dans la RVF* “Millésime 1996”(juin 1997).
Dans le même numéro, Chantal Lecouty remarquait que “... depuis
que Parker a encensé les bordeaux 1996, tout le commerce international
assimile l’information à l’ensemble du vignoble français...
bien que les 1996 soient loin d’être tous bons en Languedoc, tant
mieux pour cet effet “booster” que Mr Parker imprime à nos
ventes.” Les vins ont été dégustés à l’aveugle,
non carafés, dans cet ordre attribué par tirage au sort, dans les
verres Spiegelaü “authentis”. Comme pour chaque série,
un “vin-pirate” a été ajouté à la liste.
En voici quelques commentaires.
Domaine Gauby “Vieilles
vignes” Côtes du Roussillon-Villages 
Dans sa robe rouge grenat intense, la cuvée “vieilles vignes” du
maître de Calce nous apparaît impeccablement vêtue. Le nez
plus simple développe des parfums de fruits noirs, d’épices
et d’eau de vie dans un intensité moyenne. En bouche, le vin reste
plaqué au sol, malgré son attaque ronde il semble atterré par
l’alcool et les tannins qui“chauffe” en finale, dans un manque
de charme évident.
Abadia Retuerta
Sardon del Duero (Espagne)
Le domaine Santa Maria de Retuerta couvre 700 hectares dont plus de 200 plantés
en vigne de tempranillo, cabernet sauvignon, merlot, syrah sur la région
de Valladolid. La cave d’élevage est remplie de 2000 barriques
de chêne, dont 70 % d’origine françaises, le restant provenant
d’amérique.
C’est dire si le vin est pris avec le plus grand sérieux, même
dans les “petites cuvées”. Celle ci se situe en milieu de
gamme (acheté 12,5 € à la Junquera) et a séduit les
dégustateurs par sa générosité, notamment par son
bouquet énorme de fruits rouges de réglisse douce, de cacao,
de boite à cigare et de liqueur de cassis. Très ronde à l’attaque,
la bouche se révèle pleine de sèves et d’arômes
délicieux. (pains d’épices, crème brûlée,
griottes). Son demi-corps et sa longueur moyenne en font un vin facile à boire
et immédiatement abordable. Un pirate très sympathique!
Domaine Saint
Sernin “l’enclos de l’âne” Minervois
Le grenache de J.B. Senat nous avait enthousiasmé lors de la dégustation “Grenache,
noir de soleil” en novembre 2001 (obtenant **** pour le 1997). Pour son
premier millésime, le 96 semble moins à l’aise et présente
un rouge-grenat peu intense aux notes orangées. Le nez s’ouvre
sur des senteurs légèrement oxydatives de fruits blancs en compote,
de chocolat au lait. En bouche la sensation est identique, le vin est rond,
sèveux, cacaoté, d’une densité légère,
les tannins sont doux et souples. Un vin à boire.
Domaine Aupilhac “le
Clos” Coteaux du Languedoc-Montpeyroux
“Le Clos” de Sylvain Fadat a mis tout le monde d’accord (ou
presque) car il s’est imposé comme le vin le plus dense, le plus
riche et le moins évolué de la série. D’une couleur
pourpre foncé, il donne à sentir des parfums intenses de myrtille,
d’épices orientales, de cuir neuf, de terre et de jus de viande.
La bouche est ronde, épaisse, dense, rafraîchie par des notes mentholées
et poivrées. Ce vin “droit comme un i”, fait preuve d’une
bonne longueur et présente une certaine austérité, ce qui
lui laisse encore quelques années à patienter.
Domaine Cabrol “Vent
d’est” Cabardès
On ne présente plus le domaine de Mr Carayol qui, sur le terroir de
Cabardès, propose des vins véritablement délicieux. Cette
cuvée influencée par le climat méditerranéen se
présente sous le meilleur jour avec sa robe pourpre nuancée d’orange,
son bouquet complexe de fruits rouges mûrs, de noyaux de cerise, de sorbet
cassis, de bergamote. Excellemment équilibrée, la bouche fait
preuve d’une belle fraîcheur, d’une rondeur avenante et de
tannins soyeux. Les cerises griottes, la réglisse, le cake aux olives
font partie de la fête. Bravo!
Château
Vannières Bandol
Composé de 3/4 de mourvèdre et 1/4 en grenache ce Bandol raffiné se
goûte remarquablement dans sa jeunesse et vieilli toujours avec race
et harmonie. Celui ci ne déroge pas à la règle. Il apparaît
rouge-pourpre profond, avec un nez floral, délicat de crème de
cassis, d’amandes grillées, de cuir neuf. La bouche classique,
reste séduisante par sa souplesse, ses arômes de “pétales
de fleurs de cassis froissées”, de réglisse-zan, de fruits
noirs. L’équilibre est parfait, la longueur correcte... on lui
présage encore un bel avenir.
Château
Lerys “prestige” Fitou
Nous pensons que les encyclopédistes pourraient admettre que Lerys et
Fitou soient synonymes, tant les vins de Mr Izard sont véritablement
empreints des saveurs du terroir audois. En effet, issus de vieux carignans
et vieux grenaches, ils sont riches et marqués par ces arômes
reconnaissables de fruits mûrs, de cuir, de viande grillée et
de cassis écrasé. La matière est ici présente en
rondeur et en souplesse, sa vivacité est un gage de bon évolution,
mais saura-t-il résister à un bon cassoulet du dimanche ?
Domaine Raymond
Usséglio “réserve” Châteauneuf-du-Pape
Les Usséglio sont nombreux à Châteauneuf et pratiquent
l’art de la vigne depuis bien longtemps. Cette” réserve” nous
est apparue d’un contexte classique par sa robe grenat tendre, son nez
puissant marqué par l’élevage de vieux bois, de confiture
de figues et de grillé. Moyennement corsé, il manque d’ampleur
et se trouve comme comprimé. La longueur aromatique étant satisfaisante,
on en déduit qu’il devrait s’ouvrir pour se déguster
de meilleure façon dans 3 à 8 ans.
Domaine Alquier “Maison
Jaune” Faugères
Cette “maison jaune” se présente comme à l’accoutumé dans
un registre fin et élégant. Le bouquet intense est marqué par
la gelée de mûre, les herbes grillées et la mine de crayon.
En bouche, nervosité et fruit font bon ménage, les notes d’épices
de garrigues sont bien présentes, la finale s’évanouit
doucement grâce à sa rondeur et ses notes de liqueur.
Rendez vous dans un an
pour un nouvel épisode de“Vins du sud, 7 ans plus
tard”.

Voir l'article Vins du Sud 7 ans plus tard... 1993
Voir l'article Vins du Sud 7 ans plus tard... 1994
Voir l'article Vins du Sud 7 ans plus tard... 1995
*RVF: Revue
du Vin de France